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Essec: Se préparer au futur des métiers, du capital humain et des lieux de travail

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:6003 Le 04/05/2021 | Partager
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Vincenzo Esposito Vinzi est docteur en statistique de l’Université Federico II de Naples. Il intègre l’Essec en 2007 en tant que professeur des statistiques. Dix ans après, il est nommé à l’unanimité à la tête de l’école pour succéder à Jean-Michel Blanquer, désormais ministre de l’Education nationale. Vincenzo Esposito Vinzi est auteur de quelque 80 ouvrages et articles scientifiques publiés dans des revues internationales sur des thèmes allant du big data au business analytics. Le DG international de l’Essec est, par ailleurs, président de la société internationale de la statistique pour l’industrie et le business (ISBIS) (Ph. Essec)

Elle fait partie des écoles les plus prestigieuses en France et à l’international. Forte de sa notoriété, l’Essec prend un engagement fort, celui de devenir l’école de référence pour accompagner et influencer positivement les entreprises, les organisations et la société. «La volonté qui nous anime, c’est celle de former de nouvelles générations de leaders responsables, porteurs de projets performants, et attentifs à l’humain et à l’environnement, qui soient des acteurs positifs du changement», souligne Vincenzo Esposito Vinzi, DG international de la business school. Présente depuis 2017 au Maroc, l’Essec nourrit de grandes ambitions en Afrique où elle souhaite se déployer à travers son campus à Rabat. L’école se prépare, en outre, au futur des métiers, du capital humain et des lieux de travail.    

- L’Economiste: La présence de l’Essec au Maroc est assez récente. Quel bilan en faites-vous?
- Vincenzo Esposito Vinzi:
Notre campus africain au Maroc a été inauguré en 2017. Depuis, les projets se multiplient, tant au Maroc que sur le continent. Nous avons accueilli cette année plus de 200 étudiants, majoritairement en présentiel. L’offre de formation continue de s’enrichir avec, notamment, le lancement du parcours Innovation et management digital du Global BBA l’an dernier, le démarrage de 2 nouveaux Masters à la rentrée 2021, et l’ouverture du campus à la mobilité internationale avec des tracks spécialisés pour les étudiants du Global BBA et de la Grande Ecole. Nous sommes aussi très présents sur la formation continue, comme en témoigne la signature récente du «Wafa Lead Program», en partenariat avec Wafa Assurance. Nous avons également mis en place un centre d’innovation «In-Lab» qui accompagne plusieurs startups. Il s'apprête à accueillir la seconde promotion du Prix Lalla Meryem de l’innovation et de l'excellence. Le bilan est donc pour nous très positif et porteur de perspectives encourageantes. C’est avec optimisme et enthousiasme que nous poursuivons notre développement avec de grandes ambitions en Afrique.

- Justement, qu’en est-il de votre stratégie africaine?
- L’implantation de l’Essec au Maroc et en Afrique s’inscrit en cohérence avec notre stratégie d’école monde, pour ouvrir le monde vers l’Afrique et l’Afrique vers le monde. Notre ambition est de devenir la business school de référence pour l’Afrique du XXIe siècle. C’est, par ailleurs, cette ambition continentale qui est au cœur de notre programme certifiant Generation Africa. Il s’adresse aux professionnels qui souhaitent s’implanter en Afrique et/ou étendre leurs activités existantes à d’autres parties du continent. Décliné sur une plateforme digitale, ce programme permettra de découvrir, comprendre et développer des connaissances et des compétences relatives au développement économique et aux écosystèmes entrepreneuriaux africains.

- Quel regard portez-vous sur le paysage de l’enseignement supérieur national?
- L’enseignement supérieur marocain est en constante évolution, ce qui est bien sûr souhaitable. La réforme en cours vise à encourager des formations multidisciplinaires qui intègrent aussi les aspects de développement personnel. L’offre de formation se diversifie, et les partenariats public-privé se développent. Notre collaboration avec l’Ecole centrale à Casablanca, où avec l’Insea à Rabat, nous permet de nous inscrire dans ces évolutions et proposer à nos étudiants des parcours ingénieur-manager, tout en encourageant la diversité culturelle et intellectuelle.

- Selon vous, quels sont les principaux défis qui se posent pour les grandes business schools aujourd’hui?
- Le premier et principal défi est de préparer nos étudiants à des emplois qui n’existent pas encore. Cela implique de mener des recherches et de travailler aux côtés des entreprises et organisations pour penser le futur du travail, qui est un triptyque: le futur des métiers, le futur du capital humain (avec un besoin de compétences pointues et très évolutives), et le futur des lieux de travail. Pour y parvenir, il est important de mettre l’accent sur l’hybridation des compétences, en misant sur la pluridisciplinarité pour casser les silos entre les savoirs et former des esprits agiles et polyvalents. C’est le sens des doubles-diplômes que nous délivrons avec des institutions comme Centrale Supélec, l’Ecole du Louvre ou Berkeley Engineering. Les business schools ont un vrai besoin d’intensifier la formation aux nouvelles technologies, pour que les managers soient capables de les utiliser et les maîtriser pour en tirer toute la valeur ajoutée. En parallèle, l’évolution de plus en plus rapide des technologies, de la société et du monde en général nécessite de suivre continuellement des formations, sur des formats plus courts et spécialisés. Augmenter et diversifier les compétences des collaborateurs est un défi pour les organisations qui souhaitent rester performantes, comme pour les business schools qui ont pour mission de les accompagner et de les soutenir.

- Votre nouvelle stratégie comprend le renouvellement de l’image de marque de l’Essec. Pourquoi un changement aussi profond, et comment comptez-vous vous positionner?
- Tout est parti de la conviction qu’en cette période complexe, faite de mutations rapides et profondes, les entreprises, les organisations et leurs dirigeants ont un rôle clé à jouer. Face à ces nouveaux besoins, notre objectif est de devenir l'école de référence pour préparer des individus prêts à entreprendre pour accompagner et influencer positivement les entreprises et organisations aux grands enjeux sociétaux contemporains. Nous avons donc choisi de donner plus de sens à notre identité pour lui permettre d’être plus pertinente vis-à-vis des défis contemporains et des attentes de toutes nos parties prenantes. Notre nouvelle signature, «Enlighten. Lead. Change», est la traduction en mots de notre nouvelle ambition, de notre nouvelle stratégie, et de notre engagement pour le monde, pour créer de la valeur et le rendre plus durable, inclusif et juste.

- Vous avez initié la démarche 360° de la transition écologique et sociale à l’Essec. Quels sont les axes prioritaires de ce chantier?
- L’Essec est consciente de sa responsabilité historique de s’engager massivement sur ces questions pour ouvrir un nouveau champ des possibles. Elles prennent progressivement toute leur place dans la recherche, les enseignements, la transformation des campus et la vie de notre communauté afin de relever trois défis majeurs, à savoir apporter des réponses aux enjeux environnementaux, lutter contre les inégalités sociales et inventer des modèles de développement vertueux en lien avec les territoires, et impulser des transformations des écosystèmes de formations, et plus largement, de la société. La volonté qui nous anime, c’est celle de former de nouvelles générations de leaders responsables, porteurs de projets performants, et attentifs à l’humain et à l’environnement, qui soient des acteurs positifs du changement dans les entreprises et les organisations.

- Comment comptez-vous les former à cela?
- Nous avons choisi d’intégrer, dans tous les cursus de formation initiale et continue, un socle de formation obligatoire aux enjeux environnementaux et sociaux. Depuis septembre 2020, les 2.100 nouveaux étudiants en formation initiale reçoivent une formation obligatoire de 20 heures aux enjeux climatiques et une formation de 15 heures à la responsabilité sociale. Ils bénéficient aussi de cours fondamentaux transformés pour prendre en compte les interfaces entre les disciplines et ces enjeux sociétaux. En formation continue, l’ensemble des participants se voient offrir la possibilité de suivre le nouveau MOOC «Entreprises et Climat», développé avec le Cabinet Carbone 4, ainsi qu’un module sur la responsabilité sociale.

- Vos projets incluent la création du Metalab(1). Pouvez-vous nous en dire plus?
- L'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique transforment les entreprises et la société de manière profonde. Avec l'émergence de nouveaux modèles managériaux, de nouveaux emplois et de défis inédits, la société fera de plus en plus appel à des dirigeants qui comprennent et peuvent mobiliser les nouvelles technologies pour prendre des décisions mieux informées, éthiques et justes. Nous intensifions donc nos investissements dans ces domaines, avec un positionnement résolument transdisciplinaire, réflexif et responsable. Nous avons ainsi créé le Metalab, un laboratoire de recherche et d’innovation pédagogique interdisciplinaire rassemblant 20 professeurs, à l’interface entre science, management et société.

- L’IA et le numérique prennent de plus en plus de place dans les programmes des grandes écoles. Qu’en est-il de l’Essec?
- Nous pensons que les plus grands obstacles à la mise en œuvre de l'IA dans les entreprises ne sont pas la pénurie de data scientists, mais la pénurie de leaders formés à l’IA. L’Essec, en tant qu’école de management, a un rôle essentiel à jouer, en appuyant la formation des dirigeants actuels et futurs sur des recherches de pointe dans une grande variété de disciplines. Nous nous engageons donc à ce que tout étudiant puisse se former aux métiers de l’intelligence artificielle, des sciences des données et de l’économie digitale. Nous capitalisons d’ores et déjà sur un écosystème très riche de programmes et d’initiatives uniques qui produisent de tels leaders, comme le Master Essec/Centrale Supélec in Data Science and Business Analytics (classé 3e mondial dans ce domaine), la Chaire Accenture in Business Analytics, la Chaire Digital Disruption avec BNP Paribas, ou encore un parcours du Global BBA spécialisé en Innovation et Management Digital au Maroc en partenariat avec l’École centrale à Casablanca...

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                           

Record d’étudiants internationaux, malgré la crise

La crise pandémique a eu un effet notable sur le recrutement d’étudiants internationaux dans certains établissements, avec des baisses considérables d’effectifs. A l’Essec, c’est plutôt la tendance inverse qui a été enregistrée. «Nous avons reçu un nombre record de candidatures (+50% vs 2019) pour nos programmes Masters et Bachelor. Cela nous a permis d’augmenter encore notre sélectivité déjà très élevée», affirme Vincenzo Esposito Vinzi, DG de l’Essec. «Au lieu d’intégrer un marché du travail aux perspectives assombries par la Covid, les candidats ont cherché une valeur refuge dans la poursuite d’études Masters en Europe et en Asie, où nous avons nos campus», explique-t-il. Selon lui, la capacité à proposer très rapidement une rentrée hybride a fortement contribué à rassurer les étudiants internationaux.

                                                                           

2,5 millions d’euros investis dans l’enseignement hybride

Partout dans le monde, la crise sanitaire continue d’apporter de profond changement. L’enseignement fait partie des premiers secteurs impactés. «Cette crise a été une occasion d’évoluer vers un modèle innovant, incluant de nouvelles méthodes d’apprentissage et d’évaluation à distance, notamment via notre campus numérique augmenté, lancé en février 2019, et qui nous a permis de nous adapter rapidement aux nouvelles modalités en distanciel», indique Vincenzo Esposito Vinzi. En effet, en mars 2020, l’établissement a basculé, en une semaine, tous ses enseignements en distanciel. «Durant l’été 2020, nous avons investi 2,5 millions d’euros pour équiper toutes nos salles de cours pour l’enseignement hybride, dual-teaching». Certains cours ont été complètement repensés, pour mêler distanciel et présentiel en tirant le meilleur parti de chaque modalité, qui ne sont pas substitutives l’une à l’autre mais bien complémentaires. Aujourd’hui, nous tirons profit de notre expérience pour adapter notre pédagogie, ce qui nécessite de repenser à la fois les contenus, les espaces pédagogiques et les modalités d’interaction», précise le DG de l’Essec.

                                                                           

Entrepreneuriat: 600 projets accompagnés

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En termes d’entrepreneuriat, l’Essec opte pour une approche globale. «Nous souhaitons que chaque étudiant de l’école voit dans l’incertitude une invitation à l’action, ce qui n’est autre que la définition de l’entrepreneuriat», souligne Vincenzo Esposito Vinzi.
C’est dans cette optique qu’en 2020 l’établissement s’est engagé dans un plan ambitieux, «Enlightening Entrepreneurship», fédérant et renforçant son écosystème d’entrepreneuriat. L’Essec est aussi dotée d’un incubateur, d’un accélérateur d’entreprises sociales et d’un club «génération startupeuse» qui accompagne l’entrepreneuriat à impact au féminin. «Cet écosystème unique permet aux étudiants et participants, mais aussi à des entrepreneurs externes, de bénéficier d’un accompagnement privilégié pour créer et faire croître des entreprises. Depuis 20 ans, nous avons formé 8.000 étudiants à l’entrepreneuriat et accompagné 600 projets d’entreprises», indique le patron de l’école.

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(1) Ecosystème pluridisciplinaire combinant données, technologies et sciences sociales.

 

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