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Industrie des jus «La rentabilité grevée par la TIC!»

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:6007 Le 10/05/2021 | Partager
La hausse de la taxe attribuée à la consommation de sucre subventionné par l’industrie
Selon une étude réalisée par les professionnels, elle ne représenterait que 20%
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Ibrahim Belkora, DG de Agrojus: «Si la hausse de la TIC sur les jus a pour philosophie de lutter contre la consommation de sucre dans le cadre d’une politique sanitaire, l’industrie du jus ne consomme que 20% du sucre» (Ph. IB)

- L’Economiste: Comment l’industrie des jus a-t-elle terminé l’année 2020?

- Ibrahim Belkora: 2020 a été une année compliquée. Aujourd’hui, le marché est splitté entre le format familial et le format individuel. Le premier a souffert, mais pas beaucoup parce que les consommateurs ont quand même acheté, surtout des produits premium. Par contre, le format individuel a beaucoup souffert du fait que les gens ne sortaient pas. Les enfants ne partaient pas à l’école. Donc, forcément, il y a eu moins de consommation. Mais globalement les chiffres ont été mauvais par rapport à 2019, qui elle-même était mauvaise comparativement à l’année précédente.

- A quand remonte ce trend baissier?
- En fait, cela remonte à 2015 parce qu’il y a une abondance des fruits, qui sont de plus en plus disponibles à des prix de plus en plus bas. Par ailleurs, la taxe intérieure de consommation appliquée au secteur est à l’origine de l’effritement des rentabilités. Ce qui fait que les industriels ont de moins en moins de ressources financières pour communiquer et faire des promotions. Sans communication, on ne peut rien développer. Ce qui n’est pas étonnant quand un industriel se voit imposer une nouvelle taxation qui lui coûte 4 à 5 millions de DH par an, soit l’équivalent du bénéfice net. Sur cette taxe, le marquage fiscal représente à lui seul pratiquement 40%.

- A quoi attribuez-vous les méventes?
- Les baisses des ventes ont réellement commencé depuis que le plan Maroc Vert a commencé à donner ses fruits. Il y a eu beaucoup d’investissements agricoles. L’offre de fruits est plus abondante, et de meilleure qualité. Donc, avec des prix plus bas, cela représente une nouvelle concurrence car les consommateurs disposent de fruits naturels. A charge pour les industriels de s’adapter. Mais pour cela, il faut investir, notamment en matériel, parce que ce qui marche maintenant le mieux, c’est la portion individuelle. Mais l’outil industriel au Maroc n’est pas adapté. Nous avons commencé à enregistrer des croissances à partir de 2019. Ce qui a permis de compenser les méventes du segment familial. Mais depuis 2020, il y a eu la pandémie du coronavirus. Pour investir, il faut être rentable, mais cela est devenu compliqué avec la TIC. Nous avons signé un plan d’investissement avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui a fait du bon travail. Cela nous a permis d’investir 45 millions de DH, notamment pour nous adapter aux nouvelles exigences du marché.

- Où se situent les problèmes dans ces conditions?
- Le problème, c’est la rentabilité impactée par la TIC d’autant que les industriels ne peuvent la répercuter sur le consommateur. En effet, le marché est orienté vers des prix entre 1 et 3 DH, qui représentent 70% de notre chiffre d’affaires. Les opérateurs sont obligés d’absorber la hausse des frais de transport en 2020 pour cause du Covid et des matières premières car un produit qui se vend à 1 DH ne peut passer à 1,5 DH.

- Que faut-il pour relancer l’industrie?
- Nous proposons que le plan d’accélération industrielle soit maintenu parce que beaucoup d’industriels souhaitent en profiter, mais n’ont pas pu investir faute d’une conjoncture favorable. Ce dispositif prévoit 20 à 30% de subvention. C’est grâce à lui que nous avons pu investir 45 millions de DH. Le problème qui reste encore à régler, c’est la TIC qui doit être rapidement supprimée.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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Pour les professionnels, l’industrie des jus ne consomme que 20% de la production de sucre. Ce qui est prouvé par les faibles ventes de jus: 2,5 litres en moyenne par an et par habitant

                                                                          

A l’origine de la hausse de la TIC

«Le législateur se focalise à tort sur l’industrie des boissons pour augmenter les taux de la TIC alors que la part consommée par l’industrie agroalimentaire par rapport aux autres activités est plus basse. Nous ne demandons pas à l’Etat de pénaliser les autres industries qui ont aussi leurs propres problèmes. Mais il faut savoir qu’il y a un problème de santé publique. Nous avons réalisé une étude qui a conclu que l’industrie agroalimentaire dans sa totalité ne consomme que 20% du sucre. Les 80% restants sont consommés dans les cafés, les pâtisseries, directement par les ménages… Alors pourquoi se focaliser sur les 20%, d’autant que l’industrie des jus en est encore à ses débuts? Dans ces conditions, les industriels marocains ne pourront jamais conquérir les marchés africains parce qu’ils doivent d’abord être des champions dans leur propre pays. Si le gouvernement souhaite s’attaquer aux problèmes de santé publique, il doit supprimer la compensation du sucre, qui est surconsommé au Maroc parce qu’il est très bon marché.»

 

 

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