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Cinquantenaire de l’ISCAE: Rester numéro 1 dans un marché où la concurrence se mondialise

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6027 Le 08/06/2021 | Partager
Besoin d’une stratégie disruptive!
Ouverture de capital, un statut des enseignants propre…, plusieurs pistes
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En 2017, l’ISCAE a noué un partenariat stratégique d’exclusivité pour le Maroc avec la doyenne mondiale des business schools, l’ESCP Europe. L’accord a été signé par la DG de l’institut, Nada Biaz, et le DG de la prestigieuse école, Frank Bournois. La même année, l’ISCAE sera premier au Maroc à obtenir la prestigieuse accréditation AMBA (Ph. ISCAE)

A 50 ans, l’ISCAE est un établissement d’âge mûr. La doyenne des business-schools au Maroc est donnée première au Maroc par certains classements. En 2020, elle a été placée en tête des business schools, publiques et privées, au Maroc par le ranking Campus Mag-Diorh. Elle a également été désignée meilleure école de commerce publique au Maghreb par Jeune Afrique.

Mais d’autres rankings la placent derrière des établissements privés. C’est le cas de celui d’Eduniversal, où l’ESCA est première, suivie de HEM, juste devant l’ISCAE. L’école est-elle réellement toujours numéro 1 au Maroc, surtout avec une concurrence qui s’intensifie et se mondialise de plus en plus?

Etablissements privés délivrant des diplômes équivalents, écoles françaises, universités payantes de rang international… l’ISCAE n’est plus seul dans la course. Dans ce nouveau contexte, garder le leadership s’avère difficile. Pour son sixième directeur, Mohamed El Moueffak, même si le paysage de l’enseignement supérieur change au Maroc, l’institut reste en pole position.

Néanmoins, il doit revoir sa stratégie et son modèle. «Il faudra révolutionner son modèle économique, basé sur une subvention de l’Etat qui n’augmente pas depuis une dizaine années. Je me demande s’il ne faudrait pas ouvrir son capital à de grandes entreprises publiques, afin de lui procurer les moyens nécessaires pour continuer à être le meilleur au Maroc, et surtout, viser la première place en Afrique», suggère El Moueffak. Autre proposition, doubler le nombre d’étudiants, pour atteindre au moins 2.000, en vue de paraître dans les radars internationaux.

«Il est aussi important d’ouvrir le corps professoral à des enseignants internationaux de haut niveau publiant dans des revues indexées. C’est pour cela qu’il est nécessaire de doter l’ISCAE d’un statut des enseignants-chercheurs à part, permettant plus d’attractivité pour les profils excellents», estime l’ancien directeur de l’institut. Les meilleurs enseignants et les meilleurs étudiants, recrutés à la fois au Maroc et à l’international, deux ingrédients désormais incontournables pour se positionner parmi les leaders.

«L’histoire se répète. Il y a 50 ans, l’institut était dans un contexte similaire à ce que nous vivons. Le Maroc venait de sortir d’une phase et avait des choix à opérer: la libéralisation, le capitalisme, l’entreprise privée, le capital humain marocain… Aujourd’hui, nous sommes face à un choix pour un nouveau modèle de développement, un retour vers le marché intérieur, des ALE à dynamiser…», relève Ahmed Azirar, enseignant et ancien directeur par intérim. «Le Maroc a encore plus besoin de l’ISCAE», estime-t-il.

Pour certains, la doyenne des business schools ne devrait même pas être dans l’équation de la concurrence interne, puisqu’elle a été la première sur la courbe d’apprentissage et a bénéficié de tous les atouts lui permettant de se distinguer, y compris un soutien étatique fort. Elle aurait ainsi «raté sa chance» de placer la barre encore plus haut. Toutefois, l’établissement peut encore rebondir.

Chiffres clés

  • 2 Instituts à Casablanca (1971) et Rabat (1995).
  • 92% des lauréats sont en emploi, une année après leur diplomation, tandis que 8% poursuivent leurs études.
  • 41 Enseignants permanents
  • 471 Intervenants professionnels et 85 internationaux
  • 74 Personnels administratif et technique
  • 120 Partenaires nationaux
  • 88 Partenaires internationaux
  • 122 Etudiants Bachelor et 668 en Master Grande Ecole
  • 64 Étudiants africains permanents (10%)
  • 75 Étudiants internationaux en échange (incoming)
  • 191 Étudiants en échange à l’étranger (outgoing)
  • 94 Doctorants
  • 286 Participants au Cycle d’Expertise Comptable (dont 71% à Casablanca)
  • 61 Participants à l’Executive MBA

                                                                            

Un large réseau d’alumni

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Parmi les illustres iscaistes, Hamid Bouchikhi, l’un des théoriciens les plus influents au monde en management, Salaheddine Mezouar, ancien ministre et ex patron des patrons, Amina Figuigui, DG de l’ONP, et Abdou Souleye Diop, Managing Partner de Mazars Audit & Conseil

«Il n’y a pas une entreprise au Maroc où il n’y a pas un iscaeïste», s’enorgueillit Adil Charradi, président de l’Association des lauréats de l’ISCAE, ALISCA. L’établissement compte à aujourd’hui quelque 10.000 lauréats. Ses alumni sont organisés en association depuis la fin des années 80. Pour Charradi, l’ISCAE garde des atouts incontournables: une formation solide régulièrement ajustée en fonction des besoins du marché, des enseignants de qualité avec un mix entre académiciens et praticiens, et enfin, un large réseau d’alumni qui contribuent à forger son image. «L’ISCAE reste quand même une signature qui se démarque et qui se réinvente en permanence. Le futur lauréat est amené non seulement à exceller sur le plan technique, mais aussi en matière de savoir être, un aspect sur lequel l’établissement travaille historiquement», pense Naima Nasr, ancienne présidente de l’ALISCA, actuellement DG de l’association INSAF.  
Trouver un stage, un premier job, un expert, des partenaires pour développer son business… Les lauréats peuvent compter sur l’ALISCA pour dénicher des opportunités. «Ce rôle de mise en relation est dans l’ADN de l’association. Nous avons régulièrement des rencontres, générales, par secteur ou par région, dans le cadre de l’évènement ALISCA Connect», relève le président de l’association. Sa mission ne s’arrête pas là. «Nous nous devons aussi d’être aux côtés de l’école et de nous placer en force de proposition», souligne Adil Charradi. Ses anciens présidents, dont une seule femme, Naïma Nasr, sont réunis au sein d’un conseil des sages.

Ahlam NAZIH

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