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Barid Al-Maghrib: Les conclusions de l’enquête parlementaire

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:6055 Le 16/07/2021 | Partager
Plusieurs dysfonctionnements au niveau de la gouvernance
Le chiffre d’affaires ne couvre pas les charges d’exploitation alors que le résultat net s’est dégradé
Des salaires «hors-norme» pour les contractuels
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Source: Rapport de la mission exploratoire Le ratio masse salariale sur le chiffre d’affaires est passé de 57% en 2017 à 73% en 2020, le chiffre d’affaires ne couvre pas les charges d’exploitation alors que le résultat net s’est dégradé

Une mission de l’Inspection générale des finances est conseillée à Barid Al-Maghrib. La recommandation vient de la mission exploratoire provisoire du Parlement. Celle-ci a listé les dysfonctionnements, les problèmes de management et les recommandations à mettre en place. Cet établissement, qui a reculé de 26 places dans le classement de l’Union postale universelle, n’est pas arrivé à atteindre les objectifs fixés dans le contrat-programme 2013-2017. Entre 2013 et 2019, les dépenses du groupe ont augmenté de plus de 4,4% alors que le produit d’exploitation n’a progressé que de 3,9%. Cette période est également marquée par la faiblesse du taux d’exécution du budget d’investissement. 

Le rapport discuté mardi 13 juillet au Parlement relève la dégradation des indicateurs financiers de BAM. A titre d’exemple, le ratio masse salariale sur le chiffre d’affaires est passé de 57% en 2017 à 73% en 2020, le chiffre d’affaires ne couvre pas les charges d’exploitation alors que le résultat net s’est dégradé (voir tableau). Ce qui renvoie à la faiblesse de la rentabilité et de la performance des activités de Barid Al-Maghrib. 

Le chiffre d’affaires des métiers colis, commerce électronique et services digitaux n’arrive pas à couvrir la baisse que connaît l’activité courrier. La mission exploratoire note aussi l’absence d’une politique de filialisation basée sur la synergie et d’une gestion rationnelle du portefeuille des participations. 

Cet établissement public recourt à du personnel contractuel. Sur 3.779 salariés 33 sont sous contrat. Sauf que leur niveau de rémunération est jugé élevé par rapport à celui des autres salariés: le salaire mensuel moyen d’un contractuel est 4 fois plus élevé que celui des autres catégories sur la période 2013-2019. Il a augmenté de 58% entre 2019-2020 sans compter les primes. En tout cas, le salaire mensuel moyen des contractuels dépasse 56.000 DH (hors primes) contre 9.058 DH pour les autres. La mission a également noté le refus de Barid Al-Maghrib de transmettre le détail des primes, indemnités distribuées et avantages accordés au personnel et aux contractuels. «C’est peut-être l’une des raisons du climat tendu au sein de l’entreprise. Et elle pourrait être à l’origine de l’exacerbation de ces tensions au cours des prochaines années», souligne le rapport. 

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Source: Rapport de la mission exploratoire Le salaire mensuel moyen d’un contractuel a augmenté de 58% entre 2019-2020 sans compter les primes

Ceci étant, la mission exploratoire n’a pas manqué de critiquer la gouvernance de BAM. Après avoir rappelé les principales observations émises par la Cour des comptes dans son rapport de 2015, la mission a relevé que plusieurs recommandations de l’institution n’ont pas été mises en œuvre. Elle a ainsi noté le non-respect de la charte de bonne gouvernance des entreprises et établissements publics surtout que plusieurs commissions n’ont pas été mises en place : la commission de nomination et rémunération, la commission de gouvernance, la commission stratégie et investissement. A cela s’ajoutent l’absence de membres indépendants conformément aux exigences de la loi sur la SA et l’absence d’une évaluation de la gouvernance de BAM telle que prévue par la charte. 

Des dysfonctionnements sont également relevés au niveau de la gouvernance des filiales. C’est le cas de la désignation des responsables au sein de BAM dans toutes les instances de gouvernance de ses filiales.


Synergies entre filiales 

Parmi les constats relevés par la mission exploratoire, figure l’absence d’une politique de filialisation basée sur la synergie et d’une gestion rationnelle des participations. Transformée en société anonyme en 2009, Barid Al-Maghrib bénéficie d’un contrôle d’accompagnement afin de pouvoir lancer ses opérations et initiatives commerciales de manière plus rapide et efficace. Dix ans plus tard, l’entreprise n’est pas arrivée à renforcer ses métiers compétitifs et commerciaux. Elle a également du mal à créer de nouvelles filiales. A titre d’exemple, même si elle en a obtenu l’autorisation en 2009, BAM n’est pas parvenue à créer une filiale dédiée aux services électroniques. Autres constats, le retard dans la digitalisation des services, l’absence d’une comptabilité analytique et le manque de transparence dans le déploiement du nouveau statut du personnel. 

Khadija MASMOUDI

 

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