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Recrutement en 2021: «Des mouvements importants dans les directions commerciales»

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:6057 Le 20/07/2021 | Partager
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Zakaria Rbii est président de l’AGEF (Association Nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines). Il est également DRH de Managem (Ph. Z.R.)

La réouverture de l’économie, le soutien aux ménages et l’avancement de la campagne de vaccination ont permis de relancer les recrutements. Selon les spécialistes, une reprise réelle et progressive se dessine depuis le début de l’année. «Si la crise sanitaire ne s’aggrave pas, un retour à la normale pourrait s’opérer dès 2022», assure Zakaria Rbii, président de l’Agef (Association Nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines). Entretien. 

- L’Economiste: La crise pandémique a lourdement affecté les recrutements. Toutefois, depuis le dernier trimestre 2020, une reprise semble se dessiner. Quel bilan en faites-vous?
- Zakaria Rbii: Il va sans dire que cette crise a eu un impact significatif sur le ralentissement du rythme des recrutements au Maroc et dans le monde. Les répercussions ont été lourdes dans les secteurs directement affectés par la pandémie comme le tourisme, les transports et les services liés aux donneurs d’ordres internationaux. Néanmoins, certains secteurs ont gardé un rythme plus ou moins normal, mais prudent, et ont maintenu les recrutements au niveau des postes critiques et essentiels à la continuité de leurs activités. D’autres entreprises notamment dans les domaines du digital, de la santé et de l’industrie minière ont bénéficié d’un impact positif et ont vu leurs recrutements augmenter afin de couvrir les projets de développement pendant la crise, et même anticiper et préparer le post-covid. Dans les échanges que nous avons avec les DRH ou les cabinets de recrutement, tous s’accordent à dire qu’une reprise réelle et progressive se dessine depuis le début de cette année. Si la crise sanitaire ne s’aggrave pas, un retour à la normale pourrait s’opérer dès 2022.

- Les commerciaux et les fonctions IT sont les profils les plus recherchés par les recruteurs pour 2021. Comment expliquer cette tendance?
- Cette tendance est tout à fait compréhensive. La relance de la croissance dans les entreprises dès cette année va accentuer la pression sur les profils commerciaux. Des mouvements importants vont s’opérer à la tête des directions commerciales et des directions générales, pour insuffler de nouvelles dynamiques et répondre aux besoins de reconquêtes commerciales. D’un autre côté, l’accélération des projets de transformation digitale ainsi que les nouveaux modes de travail (new normal) vont mettre encore plus de pression sur les profils digitaux. Certes, il y a eu un peu moins de concurrence émanant de l’international sur ces profils (ingénieurs et informaticiens) durant l’année écoulée, mais ces recrutements risquent de reprendre de plus belle. Il faut donc réagir rapidement en les embauchant et en les fidélisant. Nous avons également constaté une forte demande des profils RH, très demandés pendant et après la pandémie pour la gestion de la crise, la conduite des projets de transformation digitale et le management du changement des nouveaux modes de travail.

- Comment faire face à la problématique du chômage des jeunes et des femmes qui ne cesse de s’aggraver?
- Les solutions sont complexes et nécessitent beaucoup de temps et de persévérance. Les pays ayant pris au sérieux ce sujet et qui se sont donné les moyens de leurs ambitions ont pu améliorer leurs indicateurs. Il faudrait d’abord mettre les moyens financiers nécessaires sous forme d’investissements publics et d’aides aux entreprises, afin de relancer la machine économique. Cela créera de l’emploi et stimulera, de facto le recrutement des jeunes et des femmes. Nous avons aussi besoin de mesures incitatives ciblées et innovantes favorisant l’emploi des jeunes et des femmes au niveau des régions, mais aussi des mesures spécifiques aux secteurs d’activité. Enfin, il faut mettre en place une campagne de sensibilisation auprès des entreprises. L’Agef est prête à contribuer significativement à cela, afin de briser les paradigmes liés à l’emploi des femmes, y compris dans les secteurs dits masculins. La levée des entraves culturelles au sein des familles et chez certains décideurs est primordiale pour donner à la femme la chance de contribuer au nouveau modèle de développement.   

- Quelles leçons tirer de cette pandémie au niveau du management des ressources humaines? 
- Nous avons tous beaucoup appris de cette crise et nous continuons à le faire. D’abord en termes de valeurs de résilience, de changement de paradigmes et de temps de décision. Ensuite, par rapport aux grandes transformations qui nous attendent en matière de nouveaux modes de travail, de styles de leadership et de management, et surtout, au niveau de l’accélération de la transformation digitale des entreprises et du pays. Les modes de travail seront chamboulés à jamais. Le travail hybride qui alterne présentiel et distanciel s’installera définitivement, n’en déplaise aux plus réticents!

- Justement, comment réussir cette transition?
- Les nouvelles compétences de leadership doivent intégrer des doses d’agilité liées aux «People», «Change» et «Résultats» encore plus fortes. A titre d’exemple, le management de la performance des équipes à distance doit être renforcé par de nouveaux outils et de nouvelles routines, comme la prise en compte du management de stress des collaborateurs en période de crise, ainsi que la capacité à maintenir le cap dans les moments difficiles. Par ailleurs, les professionnels du capital humain doivent prendre leurs responsabilités et être des leaders, ou a minima, des co-leaders de la transformation digitale, du management de changement et de la performance collective et individuelle.  

Plus d’autonomie pour les régions 

Doter les Marocains de compétences techniques et managériales fortes et promouvoir l’emploi à travers un cadre juridique renforcé font partie des ambitions de la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement. Par ailleurs, le rapport appelle à la mise en place d’écosystèmes intégrés au niveau des régions pour la création d’emplois. «Ces recommandations sont pertinentes pour le développement du capital humain et l’activation de l’emploi dans les régions. Les facteurs de succès ont été aussi préconisés dans le rapport de la CSMD, tels que la différentiation des approches pour profiter des avantages compétitifs offerts par chaque région et par secteur d’activité (tourisme, agriculture, services, industries, etc.), de doter les régions de centres de compétences qui forment des jeunes à des  compétences bien ciblés», souligne Zakaria Rbii, président de l’Agef. «L’objectif de la montée en compétences doit non seulement répondre aux besoins d’employabilité mais aussi à l’amélioration de la productivité et de compétitivité économique de nos entreprises. Il faut aussi donner aux régions la possibilité d’accorder des mesures fiscales incitatives pour les entreprises qui créent le plus d’emplois, mais aussi simplifier et digitaliser les procédures de travail», suggère l’expert RH. Rbii recommande aussi d’établir un pacte social en concertation avec les partenaires sociaux, pour que ces changements s’opèrent rapidement. 

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

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