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Formation continue: La réforme, ce sera pour le prochain gouvernement…

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6057 Le 20/07/2021 | Partager
Le budget s’améliore depuis 2017, mais reste compliqué à débloquer
Les TPME toujours quasi exclues
Faute de décrets, la loi 60.17 sans grand secours
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Même si 30% de la Taxe de la formation professionnelle (TFP) sont alloués à la formation continue, seule une petite partie va effectivement aux remboursements des entreprises. Selon la CGEM, sur les 5 dernières années, la moyenne des remboursements est de seulement 70 millions de DH

CELA fait des années que la CGEM tente d’avancer sur le chantier de la formation continue, sans réels progrès. Les entreprises payent toujours chaque année environ 2,5 milliards de DH au titre de la taxe de la formation professionnelle (TFP). Or, elles n’en reçoivent que 30%, tandis que 70% sont affectés à la formation initiale des stagiaires de l’Ofppt. «Seules 1.300 entreprises bénéficient aujourd’hui de la formation continue, avec un remboursement moyen, sur les cinq dernières années, de l’ordre de 70 millions de DH», a relevé le président de la CGEM, Chakib Alj, mercredi dernier au Conseil national de l’entreprise (CNE). Les PME et TPE en sont quasiment exclues. Et ça ne risque pas de changer de sitôt, il faudra attendre le prochain gouvernement... 

«Nous sommes dans une phase de doute, car nous avons tardé à mettre en œuvre les décrets de la loi 60.17 relative à la formation continue, que j’ai personnellement défendue au Parlement. Cette loi prévoit la gestion de la formation continue par l’Ofppt à travers un conseil d’administration dédié, et une unité administrative indépendante. Faute de décret, ces dispositions n’ont pas encore de force légale», a précisé le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, lors de son intervention au CNE. «Aujourd’hui, nous fonctionnons avec les contrats spéciaux de formation et le manuel des procédures. Nous avons eu des discussions, des propositions ont été formulées, toutefois, elles ont du mal à passer… En travaillant en bonne intelligence nous arriverons à arrimer nos points de vue», a-t-il poursuivi. La loi 60.17 a été publiée au B.O en mai 2019. Selon le ministre, elle apporte des avancées considérables, dont l’élargissement du nombre de bénéficiaires, l’extension à de nouvelles catégories (non salariés), la formation sur simple demande des employés… «Mais ce chantier sera à l’ordre du jour du prochain gouvernement. Là nous jouons dans le temps mort et je ne suis pas certain que nous puissions sortir avec une nette amélioration», concède le ministre, en rappelant le progrès réalisé sur le budget consacré à la formation continue, passé de 60 millions de DH en 2017 à 168 millions de DH en 2020. «Nous aurions  pu travailler sur le manuel des procédures pour le simplifier et permettre un remboursement plus souple. Le pacte sur le nouveau modèle de développement pourrait offrir une voie d’arbitrage entre les différentes propositions», estime le ministre. 

Pourtant, une commission ad hoc, avec les ministères des Finances et de l’Éducation nationale et la CGEM, avait été mise en place, aboutissant à une «vision concertée» autour de six actions: externaliser la gestion de la formation continue de l’Ofppt, confier le recouvrement de la TFP à la DGI et à la TGR à travers un compte d’affectation spécial dédié à l’Éducation nationale, digitaliser tout le process, réformer les GIAC (groupements interprofessionnels d’aide au conseil), privilégier la formation groupée et généraliser le tiers payant. Une fois encore, le patronat devra tenir son mal en patience.


Quid de la formation alternée?

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(Ph. Bziouat)

«Notre réussite collective serait que le Maroc dispose d’une jeunesse formée, qualifiée capable de répondre aux demandes de notre économie et des investisseurs nationaux et internationaux. Le temps est donc à l’action!», souligne le président de la CGEM, Chakib Alj. Selon le patron de patrons, chaque année, 400.000 jeunes, dont la moitié n’a même pas le bac, débarquent sur le marché du travail. La majorité n’arrive pas à s’y insérer. «Cette situation dramatique prévaut au moment où beaucoup d’entreprises se plaignent, soit de ne pas pouvoir recruter un grand nombre de profils dont elles ont besoin, soit de devoir prendre en charge la totalité de leurs formations, ce qui n’est pas normal», regrette Alj. Aujourd’hui, à travers le TFP, le patronat finance à la fois la formation professionnelle initiale et continue. Reste la question de la formation en milieu de travail, sous ses deux composantes: alternée (50% du programme en classe et 50% en entreprise) et par apprentissage (20% en classe et 80% en entreprise). «Nous sommes en train de voir le cadre réglementaire de ces deux modes. Néanmoins, la problématique de la formation en milieu du travail est le financement. Il n’existe aucun levier financier. La CGEM est prête à mettre la main à la poche, mais nous ne pouvons pas payer à la fois la formation initiale, continue et par alternance! Il faudrait repenser tout cela», estime Abdelilah Hifdi, Président du Groupe CGEM à la Chambre des Conseillers.

Ahlam NAZIH

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