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Enseignement supérieur: Pourquoi le privé hésite à proposer des doctorats

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6108 Le 06/10/2021 | Partager
Tous les établissements reconnus par l’Etat disposent en principe de cette possibilité
Pour l’instant, seules 4 universités payantes se sont lancées
La tutelle impose une inscription gratuite et des bourses pour les doctorants

Cela fait presque six ans que la reconnaissance de l’Etat a été ouverte aux établissements privés, leur offrant la possibilité de délivrer des diplômes équivalents. A ce jour, 31 écoles et universités ont obtenu le label. Cependant, très peu se sont lancées dans l’octroi de doctorats.

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Le Maroc forme peu de docteurs. En 2020, moins de 2.200 sont sortis des universités publiques, dont 39% de filles. Le taux de diplomation du cycle doctoral est d’ailleurs très bas, soit 5,9% en 2019-2020

Pour l’heure, seules quatre universités payantes ont mis en place des formations doctorales: l’UIR, l’UM6P, l’UM6SS et l’Université Euromed de Fès (UEMEF). Pourtant, sur le plan légal, rien n’empêche les établissements reconnus de proposer un cycle doctoral.

«Les écoles et universités privées reconnues ont le droit de proposer des doctorats, au même titre que celles du public, si les conditions sont réunies. Par exemple, disposer d’un centre de recherche actif et de professeurs habilités à encadrer des chercheurs, ou bien s’associer avec un laboratoire de recherche public. La majorité des établissements ne remplit pas encore ces prérequis, mis à part quelques universités en partenariat avec l’Etat, qui peuvent recourir à des enseignants du public», relève Moulay Ahmed Lamrani, président de la Conférence des grandes écoles.

«Pour dispenser un cycle doctoral, il faut déposer une demande à part, car le projet obéit à un cahier des charges particulier. L’établissement reconnu par l’Etat doit être en mesure de mobiliser un laboratoire de recherche et un centre doctoral, et employer suffisamment d’enseignants-chercheurs qui mènent une activité de recherche productive», précise le ministre sortant de l’Education nationale, Saaïd Amzazi.

Pour l’instant, très peu d’écoles peuvent répondre à ces exigences. Mais ce n’est pas tout. La tutelle impose une condition supplémentaire: une inscription gratuite et une bourse pour les doctorants. «Ce n’est pas encore formalisé par écrit, néanmoins, c’est effectivement ce que j’ai préconisé oralement», confirme le ministre.

«L’objectif est d’attirer les meilleurs doctorants et de contribuer à la formation d’une élite montante qui sera recrutée chez les établissements privés eux-mêmes! J’ai demandé à ce que la bourse soit au minimum de 8.000 DH net par mois», poursuit-il. Pour le public, Amzazi a ouvert depuis un moment la négociation avec le ministère des Finances pour une augmentation de la bourse d’excellence des doctorants, afin de la faire passer de 3.000 à 8.000 DH par mois.

Retour sur investissement

Du côté des établissements privés, hormis la difficulté de recruter des enseignants-chercheurs habilités à encadrer des travaux de recherche, la gratuité de l’inscription et la bourse requise sont des éléments dissuasifs.

«Si nous procédons ainsi, comment pourrait-on rémunérer les enseignants qui vont encadrer les étudiants? Et puis, le docteur formé dans le privé pourrait très bien abandonner son école pour rejoindre la fonction publique… Il s’agit d’un frein important pour les établissements», confie Lamrani. Pour les opérateurs privés, même la mise à contribution des doctorants dans les cours dispensés dans leurs écoles ne permettrait pas vraiment un retour sur investissement, surtout qu’il s’agit de profils débutants.

Le privé ne peut donc toujours pas participer activement à l’effort national de formation de docteurs, dont le nombre reste limité (voir illustration).

                                                                      

UM6P, UIR, UEMEF, UM6SS: Des bourses allant à 10.000 DH!

Seules 4 universités payantes, toutes créées en partenariat avec l’Etat, proposent actuellement des doctorats. L’inscription y est gratuite, et les étudiants, engagés à plein temps, reçoivent en prime des bourses alléchantes. L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), qui comptait plus de 200 doctorants à juin dernier, est celle qui offre le plus gros montant, avec une bourse mensuelle de 10.000 DH. Le parcours doctoral y est de 4 ans (il intègre une année de prédoc).
A l’Université Euromed de Fès (UEMEF), placée sous la présidence d’honneur de SM le Roi, et dont près de 50% des étudiants ne paient aucun frais, la bourse de doctorat varie de 5.000 à 10.000 DH. A l’entrée, le doctorant touche 5.000 DH. Dès sa première publication, il passe à 8.000 DH. Les plus brillants peuvent monter à 10.000 DH par mois. «Nous avons des règles très strictes. Le doctorant doit publier 3 articles avant sa thèse. Son travail et sa soutenance doivent être en anglais, et il doit se soumettre à 3 examens: un oral probatoire, un test prédoctoral et un deuxième sur les résultats de sa recherche. Notre objectif est de dispenser une formation de haut niveau», souligne son président, Mostapha Bousmina.
L’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS), pour sa part, propose une bourse de 5.000 DH (hors études en médecine, car dans ce cas il s’agit d’un «doctorat d’exercice»). «Ce montant est complété par une prime de recherche calculée en fonction du nombre et de la qualité des publications, pour encourager une recherche pointue, sachant qu’au Maroc nous comptons peu de chercheurs et de publications», précise son président, Chakib Nejjari. Au compteur de l’UM6SS, une cinquantaine de thèses soutenues et trois formations doctorales.
A l’Université internationale de Rabat (UIR), les doctorants ont droit à 8.000 DH par mois (subventionnés par l’Etat), à condition d’un engagement à 100% dans le projet doctoral. Une soutenance à mi-parcours est prévue. Le collège doctoral de l’UIR accueillait plus de 60 doctorants à juin dernier. 

Ahlam NAZIH

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