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Maroc-Suisse - Chambre de commerce: «Le bras armé de la diplomatie économique»

Par Amin RBOUB | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
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Christophe de Figueiredo: «La particularité du modèle suisse fait que les métiers manuels sont assez valorisants. Il n’y a aucun a priori négatif, tout au contraire ce sont des professions très prisées au même titre que les lauréats des universités» (Ph. CCSM)

«Demain est toujours mieux qu’hier!» C’est la devise de Christophe de Figueiredo, président de la Chambre de Commerce Suisse au Maroc. C’est cet optimisme permanent nourri d’une grande foi en l’avenir qui oriente la vision de l’équipe dirigeante de la Chambre de commerce de la Confédération suisse au Maroc. Le président Christophe de Figueiredo se dit déterminé à dynamiser les échanges économiques et commerciaux, voire intensifier les investissements dans les deux sens (CDF: et améliorer nos connaissances mutuelles). Entretien exclusif:

- L’Economiste: Quelles sont les spécificités des entreprises membres de la Chambre suisse de commerce au Maroc?
-Christophe de Figueiredo:
Globalement, les entreprises membres de notre chambre de commerce sont soit des amis de la Suisse, soit manifestent de l’intérêt économique avec des sociétés de la Confédération suisse. Nos
membres ne sont pas forcément des entreprises suisses. D’ailleurs, au conseil d’administration, je suis le seul Suisse actuellement! Plus encore, les Suisses sont en minorité car ils ne comptent que deux présidents d’honneur et deux administrateurs. Cette particularité est assez propre aux fondamentaux de l’économie suisse.
En clair, l’économie est suisse mais les personnes qui la font ne sont pas nécessairement de nationalité suisse. Par ailleurs, le propre de la Chambre de commerce suisse est qu’elle s’inscrit plus dans la convivialité, moins de formalisme... Nous sommes plus dans une logique de facilitation de contacts, de mise en relation, d’ouverture de portes et d’opportunités d’affaires. Il y a aussi le volet lié à la facilitation des visas, mais ce n’est pas un argument de vente et de recrutement des adhérents contrairement à d’autres chambres.
Autre spécificité de la Chambre de commerce suisse, c’est qu’elle est totalement privée.
L’Etat suisse ne contribue pas au financement.
Du coup, nous sommes l’un des bras armés de la diplomatie économique de notre pays, mais sans aucun financement de lab part de l’Etat.

«Demain est toujours mieux qu’hier!» C’est la devise de Christophe de Figueiredo, président de la Chambre de commerce suisse au Maroc. C’est cet optimisme permanent nourri d’une grande foi en l’avenir qui oriente la vision de l’équipe dirigeante de la Chambre de commerce de la Confédération helvétique au Maroc. Le président Christophe de Figueiredo se dit déterminé à dynamiser les échanges économiques et commerciaux, voire intensifier les investissements dans les deux sens (CDF: et améliorer nos connaissances mutuelles). Entretien exclusif:

- L’Economiste: Quelles sont les spécificités des entreprises membres de la Chambre suisse de commerce au Maroc?
- Christophe de Figueiredo: Globalement, les entreprises membres de notre Chambre de commerce sont soit des amis de la Suisse, soit manifestent de l’intérêt économique avec des sociétés de la Confédération helvétique. Nos membres ne sont pas forcément des entreprises suisses. D’ailleurs, au conseil d’administration, je suis le seul Suisse actuellement! Plus encore, les Suisses sont en minorité car ils ne comptent que deux présidents d’honneur et deux administrateurs. Cette particularité est assez propre aux fondamentaux de l’économie suisse.
En clair, l’économie est suisse mais les personnes qui la font ne sont pas nécessairement de nationalité suisse. Par ailleurs, le propre de la Chambre de commerce suisse est qu’elle s’inscrit plus dans la convivialité, moins de formalisme... Nous sommes plus dans une logique de facilitation de contact, de mise en relation, d’ouverture de portes et d’opportunités d’affaires. Il y a aussi le volet lié à la facilitation des visas, mais ce n’est pas un argument de vente et de recrutement des adhésions contrairement à d’autres chambres. Autre spécificité de la Chambre de commerce suisse, c’est qu’elle esttotalement privée. L’Etat suisse ne contribue pas au financement. Du coup, nous sommes l’un des bras armés de la diplomatie économique de notre pays, mais sans aucun financement de la part de l’Etat.

- Quels sont les secteurs d’activité les plus représentés?
- Il y a un peu de tout. Cela va des très grands groupes tels que Nestlé, Roche ou Novartis ou encore des géants mondiaux comme LafargeHolcim jusqu’aux petites et moyennes entreprises, les PME... Nous avons aussi des cabinets d’avocats, des sociétés de services. Il n’y a aucune restriction ni par la taille ni par le secteur d’activité. Mieux encore, chaque membre quel qu’il soit vaut autant que n’importe quel autre membre. Chaque membre correspond à une voix indépendamment de la taille de l’entreprise et du chiffre d’affaires. Sur la répartition par type d’activité, nos membres sont essentiellement dans l’industrie. Après il y a le service, le conseil financier, juridique, des cabinets de consulting, des bureaux d’ingénierie... La composition par activité est un peu similaire à la typologie de l’économie de nos deux pays.

- Quel est l’intérêt pour une entreprise de devenir membre de la Chambre suisse?
- L’un des principaux avantages réside dans l’approche de la mise en relation. Notre force réside aussi dans l’écoute permanente de nos membres, l’approche personnalisée, avec un suivi au cas par cas et des services adaptés aux besoins de chaque entreprise. Je pense aussi que nous sommes plus approchable, comparés à d’autres.

- Au-delà de la promotion et du développement des relations économiques et commerciales, quelles autres missions sont dévolues à la Chambre?
- Certes nous sommes sous le drapeau économique, mais il y a aussi des actions de lobbying, de veille stratégique, l’événementiel, les foires et salons, les opérations B2B, le conseil, l’accompagnement... Mais aujourd’hui, cela fait 18 mois que les missions sont un peu entre parenthèses à cause du Covid-19. A l’avenir, nous comptons nous remobiliser en faveur d’une intensification de l’ensemble de nos actions.
- Justement, au-delà du contexte Covid, comment envisagez-vous la relance des échanges dans les deux sens?
- A l’aune des indicateurs des échanges, il y a des gisements d’accélération des flux dans un sens comme dans l’autre. Je dois dire que nous sommes très loin du potentiel! Globalement, les échanges ont été de l’ordre de 565 millions de Francs suisse en 2020. C’est dire qu’il y a moyen de faire plus.  A l’avenir, nous devrions aller vers une accélération non seulement avec le savoir-faire mais aussi avec le faire savoir de façon à transcender la discrétion qui est le propre des Suisses. Il y a aussi de gros efforts à déployer de manière à rompre avec les clichés à la fois sur le Maroc et sur la Suisse. Ce qui passe par des actions de communication, de l’information, des visites, des échanges entre opérateurs...

- Quels sont les mécanismes et dispositifs en faveur des investisseurs qui souhaitent s’implanter au Maroc?
- Justement, la Chambre et Ambassade font de l’accompagnement de bout en bout des investisseurs suisses au Maroc. Les portes sont grandes ouvertes. Mais il faut savoir que la Suisse, contrairement à d’autres pays européens, est très portée sur l’initiative privée.
C’est le cas notamment de Pilatus Aircraft qui vient de décider de construire une partie de ses fuselages et ailes dans une usine à Casablanca. Ce sont les dirigeants de cette entreprise qui ont lancé un appel d’offres mondial, et sont venus au Maroc visiter l’usine gagnante. Mais ceci dit, la Chambre reste toujours à l’écoute des besoins des investisseurs suisses au Maroc en prodiguant des conseils, la mise en relations, le réseautage, le networking...

- Dans le contexte actuel, où en sont les opportunités d’affaires au Maroc et en Suisse?
- Il y a plein d’opportunités notamment dans les énergies renouvelables, la santé, le développement durable, le transport/mobilité, l’éducation, le tourisme ou encore l’innovation, la technologie et les écosystèmes des startups. Il suffit de mettre un mot et de le terminer par tech, notamment fintech, edutech, agritech, greentech, cleantech... Des domaines où les entreprises suisses sont très actives... En plus, les deux pays sont à vocation agricole, industrielle, touristique. Par ailleurs, ce sont deux pays de montagnes.
D’ailleurs des MOU (mémorandum) ont été signés récemment dans le tourisme durable notamment via des programmes dans la région d’Azilal et Béni Mellal. Du côté du Maroc, il y a quasiment les mêmes opportunités dans les mêmes domaines qu’en Suisse, avec en plus des opportunités dans l’artisanat, la gastronomie, le textile-cuir, les produits cosmétiques, l’agro-business...Il y a aussi le secteur financier avec les représentations de banques marocaines en Suisse.

- Comment la Suisse peut-elle renforcer la coopération bilatérale avec le Maroc?
- Il y a les deux options de la diplomatie économique via l’Ambassade et la Chambre de commerce mais il y aussi les initiatives privées des entreprises. Les deux approches vont en parallèle. L’Ambassade travaille dans le cadre de la Vision de l’Etat suisse qui a déployé toute une stratégie pour les pays de la zone MENA, avec des axes de priorité pour le Maroc notamment dans le développement durable, la migration, l’éducation, le numérique et les nouvelles technologies. Dans le domaine éducatif, il y a notamment le programme «Excellence in Africa» de l’École polytechnique fédérale de Lausanne qui permet de financer des doctorats. Plus encore, forte de son système dual, la formation professionnelle est de classe mondiale. C’est l’une des recettes de succès du modèle suisse. Dans ce domaine précis, il y a des gisements d’opportunités dans la formation de métiers manuels des artisans, des boulangers, maçons, plombiers, mécaniciens, menuisiers... avec le Maroc. La particularité du modèle suisse fait que les métiers manuels sont assez valorisants. Il n’y a aucun a priori négatif, tout au contraire ce sont des professions très prisées. Les diplômés de la formation professionnelle sont autant valorisés que les lauréats des universités.

- Faites-vous jouer des synergies avec des Chambres de commerce en Europe et en Afrique?
- Bien évidemment! D’ailleurs, nous venons de signer une convention de partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) qui a 156 ans d’existence, avec plus de 2.400 membres.
L’idée est de monter des opérations communes, des visites, faire jouer des synergies, embarquer des entreprises marocaines à Genève et vice versa de Genève au Maroc. Nous avons prévu de nouer des partenariats avec d’autres cantons de la Confédération. Dans le même esprit, dans les régions du Maroc nous sommes en train d’examiner des partenariats avec d’autres chambres professionnelles, des CRI... Nous avons aussi été contactés par nos homologues suisses au Caire.  Dans le même sillage, nous avons été approchés par le Sénégal qui compte créer une chambre suisse à Dakar. Pareil pour l’Angola. Nous sommes en contact avec la Chambre suisse en Tunisie. De plus, en Afrique du Sud il y a une importante chambre qui est assez dynamique. Il y a aussi des liens avec Switzerland Global Enterprise (S-GE), qui est l’organisation officielle suisse chargée de la promotion des exportations et de la place économique. Nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place un partenariat avec la S-GE.

Le rôle moteur de la CCSM

Basée à Casablanca, la Chambre de Commerce Suisse au Maroc (CCSM) est l’un des principaux canaux de promotion commerciale. La CCSM est aussi l’un des principaux moteurs des relations économiques entre le Maroc et la Confédération suisse. Forte de plus de 170 membres, la CCSM promeut l’implantation d’entreprises suisses et les investissements au Maroc. Sa mission consiste à promouvoir et intensifier les échanges commerciaux entre les deux pays. Les équipes de la CCSM sont en veille permanente afin de capter et détecter les opportunités d’affaires génératrices de synergies porteuses et innovantes tout en véhiculant des valeurs fortes chères à la Suisse. Parmi ces valeurs, figure le principe sacro-saint de la neutralité. «A la manière de la Suisse, la CCSM est depuis sa création attachée à son indépendance. C’est un principe qui nous permet d’explorer tous les territoires de coopération, en Suisse, au Maroc mais aussi sur l’ensemble du continent africain, quels que soient la taille de l’entreprise ou son secteur d’activité», explique Christophe de Figueiredo, président de la Chambre de Commerce Suisse au Maroc. Autres valeurs fortes de la CCSM, le dialogue avec les membres, les institutions, les représentations diplomatiques, le milieu des affaires, les entreprises, les acteurs publics et privés, la société civile...

Propos recueillis par Amin RBOUB

 

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