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Le budget plombé par la masse salariale

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
Les dépenses du personnel augmentent de 5,49%
Le PLF pour 2022 prévoit la création de 26.510 postes budgétaires
La révision des procédures de nomination aux fonctions supérieures
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Les dépenses du personnel augmentent régulièrement au cours de ces dernières années. En 2022, elles devront atteindre 147,536 milliards de DH contre 139,863 milliards de DH pour 2021. Pour l’année prochaine, le chiffre (127,18 milliards de DH) ne prend pas en compte les cotisations de l’Etat au titre de la prévoyance sociale et de la retraite qui sont de l’ordre de 20,35 milliards de DH

Les chiffres de la masse salariale dans la fonction publique donnent le tournis. En effet, selon la note de présentation du PLF 2022, les dépenses du personnel caracolent à 147,536 milliards de DH contre 139,863 milliards de DH pour 2021, soit une augmentation de 5,49%. Sur ce total de l’année prochaine, il faudra prendre en compte les 20,353 milliards de DH des cotisations de l’Etat au titre de la prévoyance sociale et de la retraite.

En prenant en considération ces cotisations, le ratio pour cette année et 2022 s’élève respectivement à 11,99% et 12,07% du PIB. C’est énorme pour le budget de l’Etat au vu des recommandations des institutions internationales comme notamment la Banque mondiale et le FMI. Mais sans cette enveloppe de cotisations, le ratio retombe à 10,41% du PIB. 

En dépit de ces dépassements, le gouvernement continue de recruter à tour de bras. Pour l’année prochaine, le projet de loi de finances ( PLF) a prévu la création de 26.510 postes budgétaires. Dans ce total, c’est l’Administration de la défense nationale qui sera dotée du plus gros contingent, avec pas moins de 10.800 nouveaux postes. Elle est suivie de loin par le ministère de l’Intérieur avec 6.544 postes et celui de la Santé et la protection sociale avec 5.500 postes. Au cours des dernières années, ces deux départements sont bien servis en matière de recrutements.

Par ailleurs, le nombre de postes réservés aux autres ministères est inférieur à mille. Ainsi, le département de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation aura droit à seulement 800 postes budgétaires.

Quant au ministère de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports, le gouvernement lui a réservé seulement 344 postes. Mais attention, cela ne veut pas dire que le secteur est abandonné. Au contraire, les efforts seront consentis en direction des Académies régionales éducation formation (AREF). En effet, celles-ci auront droit à 17.000 postes budgétaires, mais sans passer par la voie de la fonction publique. 15.000 seront des enseignants et 2.000, des cadres administratifs. Visiblement, cela ne va pas réjouir les coordinations des enseignants contractuels qui ont multiplié les mouvements de contestations.

Même le jour où le nouveau ministre de tutelle Chakib Benmoussa recevait les responsables des syndicats représentatifs du secteur, elles ont organisé une marche qui a bloqué la circulation dans des quartiers de Rabat. A croire que toutes ces actions ne parviendront pas à ébranler la détermination du gouvernement à maintenir la régionalisation des recrutements dans le cadre des Aref.

■ Les autres ministères chacun moins de 1.000 postes: Reste que le ministère de l’Economie et des Finances et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion auront 500 postes budgétaires pour chaque département. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques aura droit à 400 postes, la Cour royale à 200, le ministère de la Justice à 150 et celui des Affaires étrangères à 100 postes. Les autres départements ainsi que les institutions constitutionnelles auront chacun moins de 100, y compris le chef du gouvernement qui aura droit à 50 postes. Quoique ce dernier est habilité à répartir 300 postes budgétaires entre les différents départements ministériels et les institutions dont 200 seront réservés au profit des personnes en situation de handicap. Outre ces postes, il est créé à compter du 1er janvier de l’année prochaine auprès du ministre de l’Enseignement supérieur 700 postes budgétaires destinés à la régularisation de la situation des fonctionnaires titulaires du diplôme de doctorat qui sont recrutés par voie de concours en qualité de professeur-assistant conformément à la réglementation en vigueur. Le total des créations d’emplois dans la fonction publique est de 43.510.

■ Concours unifiés pour les personnes à besoins spécifiques: Le gouvernement organise des concours unifiés des recrutements dans la fonction publique, tous secteurs confondus. Le dernier qui a eu lieu remonte à février dernier et visait l’embauche de 360 postes d’administrateurs et 40 postes de techniciens. Ces 400 postes budgétaires étaient répartis sur plusieurs départements ministériels. Pour rappel, il a été organisé dans des circonstances particulières en raison de la situation sanitaire. C’est le recours à la digitalisation des différentes étapes des concours et les épreuves ont été effectuées en visioconférence, avec la participation de 1.716 candidats, répartis entre 30 centres dans les différentes régions du pays.

                                                                         

Mettre de l’ordre dans les nominations aux emplois supérieurs

Le gouvernement sortant  a failli sur ce dossier important. Pourtant, le Souverain avait recommandé la révision des procédures de nomination aux fonctions supérieures, de manière à consacrer le mérite, l’attractivité et la reddition des comptes. Et pour cause, depuis l’entrée en vigueur de la loi organique en 2012, on a procédé à la nomination de 1.319 emplois supérieurs. Le résultat de ces opérations d’embauche a abouti à une politisation de l’administration. En effet, au cours de ces dernières années, des membres de partis politiques ont été «bombardés» directeurs, inspecteur général dans des ministères, alors qu’ils n’ont jamais travaillé dans la fonction publique en tant que chef de service, chef de division ou directeur adjoint. Des pratiques qui ont affaibli de manière substantielle l’administration marocaine. Tous les partis politiques ont profité de cette manne pour placer leurs cadres. Pour contourner les critiques, la procédure prévoit la mise en place d’une commission dont le président est nommé par le ministre. Celle-ci choisit le candidat que le ministre propose au Conseil de gouvernement pour la nomination.

Mohamed CHAOUI

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